Vendredi 4 septembre 2009
... ou comment une journée de congés peut se transformer en une formidable journée de merde.
Cet été, j'ai profité de mes 4 semaines de congés à Miloose la Loose pour réaménager mon salon :
Les meubles ont changé de place, ma vieille étagère d'étudiante à rippé pour laisser place à un meuble noir un peu plus joli, et Roger le canapé a accueilli une nouvelle petite tablounette
suédoise prénommée Dave. Enfin il y a un couple gay à la maison!
Oui mais voilà, à l'occasion de cet épisode inédit de D&Co, j'ai découvert de vilaines fissures disgracieuses dans le mur. Regardez, je vous montre mes trous :
Face à ce désastre, mon agence immobilière <ironie> que j'aime de tout mon coeur </ironie> a daigné m'envoyer un pintador de première classe pour boucher mes trous et ravaler
mes fissures.
Aujourd'hui, j'ai donc pris congé (et donc échappé à La Réunion de Rentrée du Personnel), pour cause d'entrée en scène du pintador.
Acte 1, on bouge tout, on casse et on rebouche. Lola apprécie l'activité. Ne me demandez pas à quoi sert le ruban adhésif sur le mur, je ne sais pas.
Acte 2, on attend que le pansement sèche. Exit le pintador. J'ouvre les fenêtres pour aérer et accélerer le séchage. Bien mal m'en a pris. L'ultime bourdon de l'été agonisant se faufile
par la fenêtre ouverte, virevolte dans la pièce, va agacer ma Lola qui le chasse d'un malheureux coup de patte. Ma chatte pousse un petit cri et se lèche vigoureusement la patte. Ma chatte est
une chèvre, piquée par le bourdon.
Sa patte double de volume, et la pauvre chèvre refuse de se laisser approcher. Le véto, appelé en urgence, me dit de ne pas m'inquiéter et d'attendre que ça dégonfle. Ca me gonfle.
Acte 3, retour du pintador, qui casse encore un petit bout de mur, et rebouche, et repart. Je ne mets pas de photo, ça gâcherait la surprise finale.
Acte 4, j'ai rendez-vous à la banque, pour des histoires scabreuses de livrets, d'épargne, d'assurance, bref. J'ai la mauvaise idée d'évoquer l'éventuelle possibilité hypothétique de
devenir un jour peut être propriétaire de mon logement. La "banquière" cliquotte de la souris, jette un oeil à mon salaire, tapote dédaigneusement sur sa calculette solaire (taxe carbone, quand
tu nous tiens) et m'annonce une somme, qui sur trente ans, me permettrait à peine de me payer un studio. Ensuite, perfidement, elle me demande si je suis seule. Moui ? Ah, bon ? Si je suis
titulaire ? Mnon, pas encore quoi. Et mes parents, quel âge ont-ils ? Que dois-je comprendre dans ce sous-entendu ?
Je n'ai pas pris de photo de la dame, mais je pense que celle-ci fera l'affaire :
Acte 5, je suis de retour dans mon logement en location et en chantier. Retour du pintador, qui m'annonce que le crépi n'est pas sec, qui peint quand même tout le mur sauf la partie
rebouchée, et qui me laisse en me disant "à demain" (matin, tôt, c'est samedi) pour les finitions.
Ce soir, sur mon Roger, ilôt de paix au milieu d'un océan de bâches en plastique et de plâtre, j'ai une drôle de sensation, la fièvre m'étreint, le "L" brûlant de la LOOSE barre mon front,
alors que je contemple ce magnifique Test de Rorschach qui orne mon mur :
Vie de merde.
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